Le Khôl, fard oriental qui sublime l'oeil en lui donnant du mystère, a toujours fasciné
Tout le monde connaît le charme de ces yeux orientaux donnant l'éclat s'augmente de cette ligne noire due à l'emploi du khôl, en usage dans tout le levant.
Cette invention donne à l'oeil, un attrait tout particulier, je ne sais quoi de léonin et d'un peu farouche qui anime ces petites mines douces et régulières.
La légende en fait un présent de Dieu : Quand l'éclat du Seigneur parut sur le Mont Sinaï, il embrasa la montagne entière et en calcinant toutes ses pierres, les transforma en khôl....
Le khôl est une fine poudre dont la couleur varit du bleu nuit irisé au noir profond en passant par le gris anthracite. Elle est obtenue en broyant de l'antimoine, un minéral métallisé.
IL était appliqué à des fins purifiantes, pour soigner des conjonctivites, des irritations et des rougeurs de l'oeil. L'utilisation du khôl chez les peuples orientaux avait donc, d'abord, une raison pratique : il était réputé protéger des infections oculaires, mais aussi du vent sablonneux et de la lumière ardente du désert. D'ailleurs, les hommes et les enfants (Bédouins, Berbères et Touaregs en particulier) l'utilisaient aussi.
Au septième jour du nouveau-né, la sage-femme mettait du khôl au bébé, afin de protéger ses yeux fragiles des piqûres d'insectes et les conjonctivites.
Le khôl n'a pas son pareil pour intensifier le regard
Dernier rempart de séduction des femmes du Ajjer (Touaregs), les yeux étaient la seule partie du visage qu'elles pouvaient découvrir, il n'y avait pas de femme qui n'eût en sa possession une de ces fioles remplies de poudre noire.
L'application du Khôl:
La femme orientale fait glisser adroitement le bâtonnet sur sa paupière inférieure en la tirant vers l'extérieur, les yeux clos de préférence, pour que le fard s'estompe et donne aux yeux un aspect velouté.
Elle appliquait le khôl à l'aide d'un bâtonnet à l'embout arrondi, le meroued en bois, ou mieux, en mérold, c'est à dire fabriqué à base de corne de mouton.
La préparation du khôl:
La recette de cette poudre varie de l'Irak au Maroc, chaque région et chaque femme avait sa propre recette, ses propres secrets.
L'une des recettes classique consistait à mélanger en proportion égales du sulfate de cuivre, de l'alun calciné, du zenjar (carbonate de cuivre) et quelques clous de girofle, puis de réduire les différents ingrédients dans un mortier.
Au Maroc on y ajoutait quelques gouttes d'huile d'olive pour le rendre plus doux à l'application, puis on recueillait la poudre dans un vase en terre, que l'on exposait à une petite flamme.
Après quoi on l'a tamisait à travers un fin mouchoir. Il en fallait jadis du travail et de la minutie pour arriver à obtenir la précieuse poudre noire....La fine poudre noire recueillie était enfermée dans de petites fioles appelées Mekhal.
Ces fioles étaient fabriquées dans des matières aussi diverses que le verre, le plomb, le cuivre, l'argent ou l'or pour les plus riches.....
Le Mekhal étant considéré comme accessoire de luxe.
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